Disques

Révolutions

12 euros

Sortie le 9 septembre 2014

Les Lunaisiens & le chœur des révolutionnaires

Chant de gloire ou cri de mort…
(Chroniques musicales autour de la Marseillaise et des trois révolutions du XIX° siècle en France, 1830, 1848, 1871).

Chronique autour des trois révolutions, à travers la « musique de l’histoire » et non pas l’histoire de la musique ; une petite musique qui devint grande « parce qu’elle voulait changer le monde » !

Hymnes et chansons des hommes du 19e siècle, accompagnés par deux instruments majeurs, opposés et pourtant réconciliés : le piano du salon et l’orgue de rue, de barbarie.

Après l’Ancien régime, puis après une brève période « d’engouement napoléonien », la France mettra presque un siècle à définir ses symboles nationaux.

De 1795 à 1879, la route sera longue, périlleuse et sanglante pour que la Marseillaise devienne définitivement l’hymne national de tous les français et que le drapeau tricolore (que Béranger acclame dans son « Vieux Drapeau » !) soit à jamais salué comme « étendard de la république ».

Dans une période que l’on perçoit comme éprise du romantisme, le 19e siècle aura été avant tout un siècle de combats, de résistances et de barricades.
Pas moins de trois révolutions en moins de cinquante années : les 3 Glorieuses de 1830, les journées de février et de juin 1848 et la Commune de 1871 !

Et l’on pourrait aussi parler de la « Révolte des Canuts en 1831 » ou de l’insurrection de « Juin 1832 », avec le drame de la « rue Transnonain »…
Tout au long de ces batailles fratricides, batailles de rues et de pavés peintes et décrites par des artistes tels que Delacroix ou Victor Hugo, Alexandre Dumas ou Berlioz, des hymnes et des chansons feront écho à l’éclat des fusils et des canons des insurgés…

C’est dans cette odeur, cette rage de poudre et de sang que des chansonniers tels que Pierre Dupont et son « Chant du Pain »ou « des Ouvriers », Gustave Leroy dans le « Bal et la Guillotine » s’uniront aux cris des révoltés avec des textes engagés et vindicatifs, contre des gouvernements successifs et peu habiles à satisfaire les desideratas d’un peuple trop souvent affamé et exploité, en proie au doute et à la colère.

En 1870, Paul Burani ose les paroles du « Sire de Fisch-Ton-Kan » ; Napoléon III, « c’Monsieur qui se croyait César(…)porté sur sa bouche, devait finir par Sédan.

Le dernier Empereur abdique. Peut-être, va-t-elle arriver la nouvelle « République Sociale » ?
Eugène Pottier l’espère dans sa complainte « Quand viendra-t-elle ? »
Malheureusement, suivra l’abomination de « Thiers et des Versaillais » qui feront couler le sang des communards : «La Semaine Sanglante » (1871) et le « Temps des cerises » (1868) de Jean-Baptiste Clément, deviendront les pastorales à la mémoire de ce drame historique.

Le Peuple serait-il voué à n’être que de la « Chair à canons » ? Couté l’affirmera dans sa « Marseillaise des Requins » (1911) ; Gaston Couté, poète du « Chat Noir ». Anarchiste, puissant littérateur, riches en chansons et qui meurt dans la plus grande misère.

Alors, notre Marseillaise, est-elle « Chant de gloire ou cri de mort » ?
Ainsi fut posée la question par Alphonse de Lamartine, dans son Histoire des Girondins, pour cet Hymne qu’il trouvait sans doute trop belliqueux : « La Marseillaise conserve un retentissement de chant de gloire et de cri de mort; glorieuse comme l'un, funèbre comme l'autre, elle rassure la patrie et fait pâlir les citoyens. » Mais face à des dirigeants qui se jouaient des citoyens, face à une armée qui tirait sur ses propres frères, ne fallait-il pas au minimum des mots à la couleur de la révolte des opprimés ?

Que de Marseillaises furent écrites : « Marseillaise des Cotillons, des travailleurs, des Requins, des carottes, des catholiques, etc. », pour parodier notre chant national, mais aussi pour faire passer le message de « Liberté » à travers cette mélodie devenue universelle.

Jules Michelet rétorquera que c’est un chant de Fraternité et d’Héroïsme : « Si ce n'était qu'un chant de guerre, il n'aurait pas été adopté des nations. C'est un chant de fraternité ; ce sont des bataillons de frères qui, pour la seule défense du foyer, de la patrie, vont ensemble d'un même cœur. »

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